Self Portrait Camouflage
Conception et réalisation Latifa Laâbissi
Dispositif scénographique Nadia Lauro
Dramaturgie Christophe Wavelet
Création lumière Yannick Fouassier
Son Olivier Renouf
Costume Latifa Laâbissi et Nadia Lauro
Production association ORO. Coproduction Les Spectacles vivants - Centre Pompidou
Centre Chorégraphique National de Montpellier Languedoc-Roussillon - Centre National de Danse Contemporaine Angers
FIGURE PROJECT est subventionnée par le Ministère de la Culture - DRAC Bretagne, le Conseil Régional de Bretagne et la ville de Rennes.
« La France, de la première Exposition universelle de 1855 à l'Exposition coloniale de 1937, offre successivement à la Nation onze manifestations, dont le retentissement exceptionnel lui permet vite d’exporter ce modèle hors de ses frontières. Autant d’occasions pour le public d’applaudir chaque fois au riche spectacle des splendeurs de son Empire colonial. Des hommes, des femmes, des enfants y sont l’objet d'attractions curieuses… En l’an 2009, Marianne mène à sa manière l’enquête parmi ces parages hantés des universaux de la République. Qu’on se rassure cependant : entre cannibale et vahiné, intégration garantie… »
Latifa Laâbissi
« Dans Self Portrait camouflage, Latifa Laâbissi évolue sur un déambulatoire d’un blanc étincelant et sous la lumière violente d’un mur de soixante projecteurs. Dans ce dispositif de Nadia Lauro, elle ne camoufle rien d’une nudité outrancièrement surexposée. Là elle soumet son corps à de sidérantes contorsions cataleptiques, postures extrêmes, aux articulations contrariées. Ces poses effarantes, ces constructions physiques intenables, sont entrecoupées de bruts passages au noir. Ceux-ci plongent chaque spectateur dans ses propres représentations plus ou moins aberrantes de l’immigration. Puis, sous un invraisemblable couvre-chef sioux, ceinte d’une pauvre écharpe tricolore, donnant à entendre le sabir des mammas maghrébines, ou orchestrant des Présidentielles loufoques et virtuelles, Latifa Laâbissi retourne avec audace les images inavouées d’une France encombrée de son legs colonial. Elle lui administre un camouflé salutaire et cinglant, parfois étonnamment hilarante, toujours férocement incorrecte. »
Critique de Gérard Mayen, dont un extrait est paru dans le magazine Danser, juin 2006.

